Sur la frontiere, la guerre des bordels


La Jonquera, Espagne, 2013


Par Francois Musseau. Le marché du sexe n’a rien de neuf dans cette zone frontalière où passent chaque jour entre 4 et 8 000 camions, dont une partie stationnent plusieurs jours successifs. En suivant le N.II en direction de Figueras, se succèdent une dizaine de bordels plus ou moins défraîchis, comme le « Désirée », un rendez-de-vous vieillissant pour camionneurs. La discrétion de ces établissements a toujours été le mot d’ordre pour ne pas déranger le vrai business de La Jonquera : le tourisme français de proximité qui déboule en masse pour profiter des produits moins chers, essence, tabac, alcools, marques contrefaites…Il n’y a qu’à scruter, juché sur les hauteurs ravagées par les incendies de l’été 2012, ce gigantesque nœud de communication qui tourne le dos à la pittoresque bourgade historique : autour de la Nationale et de ses rocades, on dénombre 14 supermarchés, 12 parfumeries, 15 stations-service. Avec sept millions de visiteurs en 2012, la crise est ici bien moins violente qu’ailleurs en Espagne.